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Dans son roman politique au ton révolutionnaire, intitulé ‘’Viva, la cité des infects’’, Evariste Miarim Dillah, incite à un éveil de consciences. Ce roman réaliste qui met en lumière le drame collectif que vit le peuple de Dar – Sao est d’actualité à tout point de vues. A l’occasion du mois du Livre et de la Lecture, notre rédaction vous propose les bonnes feuilles de ce roman, publié en 2025 aux Editions Le Souffle.

Le romancier de ce récit est sans complaisance sur les choix des thèmes qu’il aborde. « En Afrique, la compromission des peuples s’effectue à 3 niveaux », écrit-il. Le narrateur a davantage vocation à démontrer que l’attitude de chaque être humain contribue soit à élever le bien soit au contraire à élever le mal.

Le narrateur de ‘’Viva, la cité des infects’’ provoque un portrait des élites africaines, qu’il fustige et condamne au même sort.

La première catégorie est « constituée d’intellectuels opportunistes qui se servent de leurs connaissances livresques pour aider les dictateurs à donner un contour idéologique et politique à leur tyrannie ». De ceux-là, les dirigeants se servent pour voler, tuer, emprisonner, torturer sans se soucier car ils mobilisent ces intellectuels pour le défendre intellectuellement.

La deuxième catégorie est composée des opposants de circonstance. Non seulement ils s’attèlent à exécuter leur agenda mais « ils se battent et entraînent des hommes sincères avec eux avant de rejoindre l’ennemi d’hier, avec armes et bagages, surtout avec la liste des opposants sincères ».

La troisième est constituée des « indifférents » qui prétendent n’être coupable de rien. Ceux-ci ont pourtant leur devancier «  un brave Togolais dans les années 1980 : « pourvu que les bateaux continuent de venir au port, Eyadema peut faire ce qu’il veut. On le laisse avec Dieu » notre ami est actuellement réfugié à Cotonou et les bateaux mouillent toujours au large de Lomé », ironise le narrateur.

La leçon ultime que le romancier tchadien nous apprend est que malheureusement la plupart des intellectuels collaborateurs finissent en exil ou sont froidement exécutés ou encore se suicident en prison ; tandis qu’après avoir bénéficié des grâces du pouvoir pendant quelques temps, les opposants de circonstance sont éjectés, emprisonnés ou tués.

« Les peuples comme les hommes finissent toujours par payer leurs compromissions politiques : avec des larmes parfois, du sang souvent, mais toujours dans la douleur », enseigne le romancier, un récit de 145 pages, organisées en trois parties. Plus que d’actualité, ce roman est instructif, d’abord intellectuellement mais aussi politiquement.

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