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La deuxième édition du Forum annuel des acteurs de la cogestion des aires protégées (FACAP) s’est ouverte ce mercredi 28 octobre 2026 à N’Djaména.
Organisée par le ministère de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, en partenariat avec African Parks Network, cette rencontre est placée sous le thème : « Les parcs, moteurs d’un Tchad d’avenir : préserver aujourd’hui, construire l’émergence ».
Cette édition intervient près de quatre mois après la signature de nouveaux accords de partenariat entre le gouvernement tchadien et African Parks.
Le directeur pays d’African Parks au Tchad, Ahmat Ibrahim Siam, a rappelé que la conservation doit profiter non seulement à la nature, mais aussi aux populations vivant autour des parcs. « Aucun acteur ne peut, à lui seul, relever les défis de la conservation », a-t-il souligné.
Il a également salué la signature d’un protocole d’accord ouvrant la voie à la création de nouvelles aires protégées dans le paysage Aouk-Keïta. Il a, par ailleurs, exprimé sa reconnaissance à l’Union européenne et aux autres partenaires techniques et financiers pour leur soutien.
S’adressant à la jeunesse, à la société civile, au secteur privé, aux médias et aux chercheurs, il les a invités à visiter les parcs, à promouvoir leur richesse et à devenir les ambassadeurs de ce patrimoine naturel. « Les générations futures nous jugeront moins sur les discours que sur ce que nous aurons effectivement préservé », a-t-il averti.
Pour sa part, l’ambassadeur et chef de délégation de l’Union européenne au Tchad, Amador Sánchez Rico, a souligné que la coopération entre le Tchad et l’Union européenne dans le domaine de la conservation de la biodiversité approche les 40 ans. Il a mis en avant les progrès réalisés dans la préservation du patrimoine naturel tchadien grâce au soutien apporté à plusieurs parcs et réserves.
Il a toutefois insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les communautés locales et de garantir la pérennité des financements, dans un contexte marqué par les défis géopolitiques actuels.
Amador Sánchez Rico a également rappelé l’engagement de l’Union européenne à soutenir le secteur privé, les énergies renouvelables et le développement du tourisme, notamment dans le cadre de la stratégie Global Gateway et du plan Tchad Connexion 2030. Saluant les efforts des équipes d’African Parks et du gouvernement tchadien, il a plaidé pour le renforcement de la gouvernance locale afin de favoriser un développement socio-économique durable et de transmettre aux générations futures un patrimoine naturel préservé.
Ouvrant officiellement les travaux, le ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakhit Djamous, a affirmé que la conservation n’est plus une activité périphérique, mais constitue désormais un pilier central de la stratégie de développement économique et social du pays.
Il a dressé un tableau préoccupant de la situation environnementale du Tchad. Selon lui, plus de 91 % du territoire est classé en zone aride ou semi-aride, près de la moitié des parcours pastoraux sont dégradés ou menacés, tandis que la superficie du lac Tchad est passée de 25 000 à moins de 2 500 km².
Le ministre Hassan Bakhit Djamous a salué les résultats de la cogestion dans les parcs nationaux de Zakouma et de Siniaka-Minia, ainsi que dans la réserve naturelle et culturelle de l’Ennedi. Ces efforts se traduisent notamment par la restauration des populations fauniques, la sécurisation de zones autrefois exposées au braconnage et le développement du tourisme et de l’artisanat.

