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Un nouveau phénomène fait son apparition sur les différentes artères de N’Djaména. Il s’agit des enfants vendeurs ambulants qui s’installent notamment aux niveaux des ronds-points ou aux abords des routes longeant les marchés de la capitale.
Âgés de 10 à 14 ans, ces enfants, tenant divers articles à la main (mouchoirs, bonbons, cigarettes, brosses à dents ou petits objets), se faufilent entre les véhicules et les motocyclettes roulant à vive allure.
Ils ignorent complètement les klaxons et les avertissements des automobilistes. C’est une véritable course contre le danger, exposant ces enfants à des risques permanents d’accidents de la circulation. Le moindre faux pas peut leur coûter la vie.
« J’ai quitté l’école parce que mes parents n’avaient plus les moyens. Avec cette activité, je gagne ma vie. Chaque jour, je prie Dieu pour me protéger afin de rentrer vivant à la maison », confie Moussa Ahmat, un jeune talibé âgé d’environ 16 ans, vendeur de mouchoirs au marché de Diguel pendant la journée.
Cette activité commerciale dangereuse exercée par des enfants sur les voies bitumées prend de l’ampleur sur les différentes avenues de N’Djaména.
Face à cette situation, de nombreuses voix s’élèvent pour appeler la mairie à assumer ses responsabilités afin d’éradiquer ce phénomène.
« C’est très dangereux, surtout lorsque le feu passe au vert. On a peur de les renverser, car parfois ils surgissent sans regarder. En cas d’accident, c’est le conducteur qui sera tenu responsable, même s’il n’a rien fait », regrette un chauffeur de taxi, M. Abdoulaye Idriss.
Plusieurs citoyens rencontrés ont exprimé leurs inquiétudes et appellent les autorités à prendre des mesures plus rigoureuses pour encadrer ou mettre fin à cette pratique.
« Nous menons régulièrement des opérations de sensibilisation et de dégagement de la voie publique, mais tant qu’il n’existera pas de solutions économiques pour ces jeunes enfants, ils reviendront toujours. Ce n’est pas seulement un problème de sécurité, c’est avant tout un problème social », explique un agent de la police routière.
Salahadine Mahamat Hassan

