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À N’Djaména, le pain, aliment de base de la population, est vendu dans des conditions d’hygiène préoccupantes. Transportés sans aucune protection sur des motocyclettes sillonnant les quartiers de la capitale, certains pains sont ensuite étalés à l’air libre, au bord des routes bitumées ou dans les marchés, à la merci de la poussière.
Ces poussières, souvent chargées de microbes, de déchets humains et animaux, parfois mêlées aux eaux usées issues des fosses septiques déversées sur les voies publiques, aux fumées provenant de l’incinération des déchets. Une situation qui expose les consommateurs à de nombreuses maladies contagieuses.
Dans les rues animées de N’Djaména, il est courant d’apercevoir des sacs de pain empilés sur des motocyclettes, sans couverture, ou posés directement sur les trottoirs. Ils sont ainsi exposés aux gaz d’échappement, aux particules en suspension, aux intempéries et aux bactéries.
« Quand je vois ces pains passer sous la poussière soulevée par les voitures et les motos, je me demande comment on peut encore les acheter sans craindre des maladies intestinales », confie Florida, consommatrice dans le quartier de Siguété.
Anicet Aibidji, étudiant à N’Djaména, partage la même inquiétude « Je mange du pain presque tous les jours, mais les voir sans protection me fait vraiment peur. On dirait qu’ils ramassent toute la poussière sur le chemin. »
Du côté des vendeurs, certains reconnaissent le problème, mais évoquent un manque de moyens. « Nous savons que ce n’est pas hygiénique, mais nous n’avons pas les moyens d’acheter des sacs ou des housses plastiques pour les protéger », confie, M. Alifa Kebir un vendeur rencontré à la gare routière du bus en partance pour Abéché.
Pour Dr Madjidanem Prudent, la situation est alarmante. Il rappelle que le pain est consommé quotidiennement et parfois plusieurs fois par jour. « Lorsqu’il est exposé sans protection, il peut être contaminé par des bactéries et des particules nocives », alerte-t-il.
Il évoque des risques chimiques liés aux métaux lourds, aux toxines et aux polluants. « Ces substances peuvent passer dans le sang et, à long terme, provoquer des atteintes rénales, hépatiques, voire certains cancers », prévient-il.
Face à cette situation, de nombreux consommateurs interpellent la mairie de N’Djaména afin qu’elle prenne ses responsabilités, notamment en renforçant la sensibilisation des vendeurs et en sanctionnant ceux qui ne respectent pas les normes d’hygiène.
Sangnoudji Francine

