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La vente de friperie s’impose comme une activité lucrative, employant de nombreux jeunes, dont des diplômés sans emploi, dans les différents marchés de N’Djaména.
Ce mardi 28 avril 2026, il est 8 h 30 au marché central.
Des grossistes procèdent à l’ouverture des ballots contenant des vêtements de seconde main, triés en trois catégories.
La première qualité est vendue entre 2 000 et 2 500 francs CFA, tandis que les deuxième et troisième qualités sont cédées aux détaillants à des prix variant entre 500 et 1 500 francs CFA.
Aux premières lueurs du jour, aux marchés de Dembé et de Mil, une foule composée de jeunes hommes et de femmes s’active autour des ballots fraîchement ouverts.
Accroupis et concentrés, ils fouillent minutieusement à la recherche des pièces les plus attractives, telles que des robes tendance, des chemises de marque ou encore des pantalons presque neufs.
« La friperie est devenue notre source de revenus. Avec peu de moyens au départ, il est possible de se lancer », confie Allahdiguim Mbaye, vendeur ambulant de friperie depuis trois ans. « C’est grâce à cette activité que je nourris ma famille. Chaque matin, je viens très tôt pour choisir les meilleures pièces. Si je tombe sur de bons articles, je peux doubler mon investissement dans la journée », poursuit-il.
Au marché de Dembé, les grossistes proposent leurs articles à des prix accessibles.
Une robe de bonne qualité pour enfant peut être achetée à partir de 1 000 francs CFA, un tarif qui attire aussi bien les vendeurs que les clients.
M. Mahamat Adji, grossiste au marché de Mil, explique qu’il pratique des prix bas afin de permettre aux détaillants de revendre rapidement. « Plus ils gagnent, plus ils reviennent acheter chez nous. C’est un commerce gagnant-gagnant », indique-t-il.
Au fil des années, la friperie a su séduire une clientèle variée, notamment les jeunes, attirés par la qualité et les prix abordables. « Aujourd’hui, même ceux qui ont les moyens préfèrent parfois la friperie. On peut y trouver des habits uniques et solides à moindre coût », souligne Idriss, client régulier.
Mais derrière cette dynamique se cache une réalité faite de défis : une concurrence rude, des journées longues et des revenus parfois incertains. « Ce n’est pas facile, mais c’est mieux que de rester sans rien faire », affirme D. Basile avec conviction.
Dans les allées animées des marchés de N’Djaména, la friperie ne se résume pas à de simples vêtements d’occasion.
Elle incarne une économie de survie, un symbole de résilience et, surtout, une source d’espoir pour toute une génération en quête d’autonomie.
Sagnoudji Francine

