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Les propriétaires d’un vaste domaine de plus de 92 lots (Section 1, Îlots 214, 215 et 216) au quartier Sadjeri Koudou, dans la commune du 10e arrondissement de N’Djaména font face à ce qu’ils qualifient de mascarade judiciaire et administrative.

Ils ont dénoncé formellement ce samedi 27 juin 2026, malgré des décisions successives de la Cour d’appel et de la Cour suprême en leur faveur. Ils se disent aujourd’hui harcelés par le Parquet général, au profit d’un homme qui semble se positionner au-dessus des lois.

En effet, l’affaire remonte à 2019, après le bornage régulier du terrain, oppose les véritables propriétaires à un individu, qui s’est soudainement attribué la propriété de 24 lots au cœur de leur domaine.

D’après ces propriétaires, les arguments de l’accusé ont pourtant vacillé à plusieurs reprises devant les autorités traditionnelles et judiciaires.

Ils informent que M. OA a d’abord prétendu avoir acquis ces parcelles auprès de l’ancien chef de terre (Blama), Djibirine Ramaïda. Pourtant, ce dernier était déjà décédé depuis plus de dix ans au moment supposé de la vente.

Toujours selon les propriétaires, M. OA a ensuite affirmé détenir ses droits de l’actuel Blama, Mahamat Matar. Une version de nouveau balayée d’un revers de main par le chef de terre lui-même, qui a formellement réfuté cette vente devant le Sultan de N’Djaména.

Saisi en 2019, le Tribunal de Grande Instance de N’Djaména avait coupé la poire en deux en attribuant 12 lots à M. OA. Non satisfait, ce dernier a interjeté appel, mais la Cour d’appel a confirmé le premier jugement. En dernier recours, la Cour suprême a rejeté le pourvoi en annulation de M. OA, conférant à cette décision l’autorité absolue de la chose jugée.

Alors que le dossier semblait définitivement clos, les propriétaires informent que le conflit a pris une tournure surprenante et révoltante pour les plaignants. Muni d’une réquisition de déguerpissement délivrée par l’un des substituts du procureur général, l’huissier de justice, accompagné des avocats des propriétaires et des forces de l’ordre de la Coordination de la police judiciaire, a procédé à la démolition des constructions illégales que M. OA avait érigées au mépris des arrêts de justice.

« C’est après ce déguerpissement légal que l’incompréhensible s’est produit », dénoncent les propriétaires.

Dans un revirement spectaculaire, relatent les propriétaires, le Parquet Général aurait convoqué les propriétaires pour leur ordonner de reconstruire à leurs frais les bâtiments détruits de M OA. Pire encore, poursuivent-ils, le haut magistrat aurait promis de délivrer une ordonnance contraire à celle précédemment signée par son propre substitut.

Face à ce qu’ils qualifient de complicité flagrante, les propriétaires ont saisi l’Inspection Générale du Ministère de la Justice, qui leur a donné raison. Mais sur le terrain, la réalité est tout autre.

Aujourd’hui, l’affaire est revenue devant le 3ème substitut du procureur, mais les plaignants affirment continuer à subir les pressions d’un Parquet général déterminé à faire obstruction.

Ils révèlent que M. OA aurait ainsi reçu l’autorisation unilatérale de jouir de ses lots, tandis qu’il est strictement interdit aux véritables propriétaires d’entreprendre la moindre mise en valeur sur le reste du domaine.

Réunis ce samedi  27 juin 2026, les membres de la famille spolies refusent de baisser les bras face à ce qu’ils nomment la tyrannie du tout-puissant OA. Ils lancent un appel solennel et urgent aux plus hautes autorités de l’État.

« Nous sollicitons l’intervention immédiate de Son Excellence le Président de la République, du Ministre de l’Aménagement du Territoire, de la Justice, et de toutes les instances de contrôle de la République. Il faut mettre fin à cette parodie. Si un citoyen peut fouler aux pieds les décisions de la Cour suprême avec la bénédiction de certains magistrats, c’est tout l’édifice de notre justice qui s’écroule. Il faut que le Président de la République intervienne pour faire respecter la loi », ont-Ils sollicité.

Ali Moussa Alkorbawi

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