Tchad : Une loi des Finances rectificative sera examinée par les députés

Au cours de son conseil extraordinaire des ministres de lundi, le gouvernement tchadien a adopté un projet de loi de Finances rectificative qui se justifie, selon le ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement, Chérif Mahamat Zene, « par la survenance brusque et dramatique de la pandémie du Covid-19, ayant brutalement entraîné l’effondrement de l’économie mondiale, la chute drastique des prix des matières premières, notamment celui du pétrole et la rupture de la chaine logistique mondiale ».


« C’est dans ce contexte de détérioration de l’environnement macroéconomique international, et de ses conséquences sur l’économie nationale, marqué par la pandémie du COVID-19, que le Gouvernement sous la haute clairvoyance du Maréchal du Tchad, s’est battu avec son génie, ses ressorts et son leadership, pour maintenir son économie, ses recettes, supporter les nouvelles dépenses, assurer le service public », a note le ministre Chérif.
Le compte-rendu du conseil mentionne qu’au nombre de ces mesures figurent, entre autres, « la levée progressive des abattements sur les salaires des fonctionnaires, la mise en place d’un Fonds de 30 milliards de FCFA pour l’Entreprenariat des Jeunes et des Femmes, et le recrutement de 20 000 jeunes à la Fonction Publique courant 2020 ».
Le document relève, par ailleurs, « le paiement d’un montant de 5 milliards FCFA au titre de « capital-décès » au profit des ayant-droits des agents civils et militaires décédés, des primes de retraite et des frais médicaux au profit des militaires blessés, la mobilisation de 25 milliards FCFA dans le cadre de la sécurité alimentaire et du soutien aux plus vulnérables, dont 5 milliards par le Trésor, le recrutement de 1638 agents de santé déjà en activité, la mise en place d’un Fonds Spécial pour la lutte contre le coronavirus financé par l’Etat, les partenaires et les bonnes volontés, l’octroi des primes spéciales au personnel de santé mobilisé dans la lutte contre la COVID-19, la prise en charge des factures d’eau et d’électricité respectivement pour une période de six (06) et 03 mois au bénéfice des ménages dans la tranche sociale, le paiement en cours d’un montant de 110 milliards FCFA au titre de la dette intérieure due aux fournisseurs de l’État ».
Il faudrait, souligne-t-on dans le document, « la mobilisation d’une enveloppe de 17 milliards FCFA pour ladistribution de 1000 tracteurs, de 5 000 charrues, de l’achat et de la distribution de 10 000 kits maraichères, de l’acquisition de 7 000 tonnes d’engrais, des produits phytosanitaires et de lutte antiacridienne, des semences pluviales et maraichères, ainsi que le recrutement de 300 agents d’encadrement supplémentaires et la réduction de 50% des contributions au titre de l’Impôt Général Libératoire et de la patente au profit de toutes les entreprises et des opérateurs économiques ».
Le ministre Chérif Mahamat Zene de préciser que, la loi de finances rectificative se veut réaliste et vise à apporter des réponses adaptées mais fortes, à la conjoncture socio-économique, sanitaire et sécuritaire que traverse notre pays. Au plan macroéconomique, dit-il, le projet de loi de Finances rectificative est conçu sur la base des hypothèses, citant, notamment, « le taux de croissance de PIB rectifié passe de 3,4% à 0,5%, la production pétrolière passe de 150 953 barils/jour à 147 408 barils par jour, le cours du Brent passe de 60,5 USD le baril à 36,2 USD ».
« De manière chiffrée, les recettes budgétaires passent de 1.209 milliards FCFA à 1.136 milliards FCFA alors que les dépenses passent de 1052 milliards FCFA à 1196 milliards FCFA avec un déficit budgétaire de 60 milliards 252 millions FCFA, non compris le règlement des arriérés intérieurs à hauteur de 165 milliards FCFA, la recapitalisation des banques pour 14 milliards FCFA, l’amortissement de la dette intérieure et extérieure pour 97 milliards FCFA et l’abondement du compte de lissage des prix et de la production pétrolière à hauteur de 10 milliards FCFA », peut-on retenir du compte-rendu du conseil des ministres.
Le porte-parole du gouvernement indique que, « ces différents gaps seront financés par les appuis budgétaires des partenaires, les prêts projets et prêts bancaires, ainsi que par de nouvelles émissions de titres publics sur le marché régional et par l’allégement du service de notre dette extérieure à hauteur de 27 milliards FCFA ».

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