Manif du 20 octobre : Les rapporteurs spéciaux des Nations unies saisis

Trois organisations des droits humains ont saisi les rapporteurs spéciaux des Nations Unies, a déclaré ce lundi, 24 octobre 2022, l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT).

C’est suite aux manifestations de ce jeudi 20 octobre 2022, dans plusieurs villes du Tchad à l’appel de l’opposition, pour demander un retour rapide à la démocratie.

En effet, le 19 octobre dernier, le ministre de la sécurité publique a interdit tout rassemblement, et des dizaines de véhicules de la police nationale s’étaient mis à quadriller la capitale, N’Djamena. La répression a commencé jeudi dès 5 heures du matin, par des tirs de bombes lacrymogènes mais aussi à des balles réelles contre des manifestants pacifiques. Ces attaques se sont ensuite généralisées à travers le pays et ont duré toute la journée, impliquant toutes les forces de police, de gendarmerie mais aussi des militaires.

L’OMCT et ses organisations membres au Tchad – la Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH) et l’Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’Homme (ATPDH) – ont identifié, aux côtés des forces de sécurité, des personnes ne revêtant pas d’uniforme mais portant des armes, et qui étaient transportées dans des véhicules sans immatriculation.

Des militants de la LTDH et l’ATPDH se sont rendus dans les morgues, les hôpitaux et les centres de santé et ont parlé aux proches des victimes. Ils ont ainsi identifié 80 morts dans la répression – chiffre provisoire -, dont un journaliste, ainsi que des centaines de blessés graves à N’Djamena, Moundou, Doba, Koumra et Bebedjia.

Selon leurs informations, des centaines de manifestants ont également été arrêtés, et parfois torturés par les forces de sécurité, dans d’autres villes dont Abéché, Bongor, Mongo, Kyabé et Moissala.

Selon le gouvernement tchadien, une dizaine de policiers auraient été tués.

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