Mahamat Bichara : « La situation sociale est intenable cette année »

La situation sociale conjecturale, les inondations dans certains quartiers de la ville de N’Djaména, l’enclavement des certaines provinces du pays dues à l’inaccessibilité de routes coupées par les eaux de pluie, l’aide sociale apportée par l’Etat aux sinistrés des catastrophes naturelles, le calendrier scolaire, sont entre autres des sujets abordés avec le président national du parti Alliance Socialiste (AS) M. Mahamat Bichara, dans un entretien avec votre journal.

Merci d’avoir accepté notre invitation, vous en tant que premier responsable du parti Alliance Socialiste au Tchad (AS) qu’elle lecture faites vous de la situation sociale ?


Merci beaucoup. La situation sociale au Tchad est vraiment intenable, en ce sens que nous sommes en train de traverser une situation de crise due à l’épidémie de COVID-19. Que pendant cette situation, tout était à l’arrêt. Le service, le commerce etc. donc, face à cette situation, y’a de laisser pour compte. Or il n y en pas eu des mesures d’accompagnement pour ces personnes. Donc qu’est-ce qu’il faut faire ? Les mesures d’accompagnement qui devraient venir de l’Etat n’ont pas été suivies. Elles ont été annoncées mais rien ne fait. On a vu de pays comme en France, l’Etat a pris la charge totalement les salaires pendant la période de confinement. Or ici, au Tchad il n’en est rien. Suite à cette situation, il faut ajouter des inondations qui sont venues avec leurs lots de sinistrés. Tous ces sinistrés là, il fallait les prendre en compte, trouver de quoi les héberger puissent quils ont tous perdu. Il faut aussi les accompagner dans l’assistance alimentaire et nutritionnelle. Et tout cela na été suivi d’effet, ce qui fait la situation sociale est intenable pour cette année. Je pense qu’au moins avec la sortie de la saison de pluie on espère une très bonne récolte pour que les populations tchadiennes puissent subvenir à leurs besoins.


Vous avez qualifié la situation d’intenable, alors quelle solution proposez-vous ?


Il faut absolument décréter l’état d’urgence, ça ne coûte rien. Un Etat doit s’assumer et en vertu de ses prorogatifs de puissance publique, il doit mobiliser tous les moyens afin d’évacuer d’abord les eaux en dehors du périmètre urbain. On peut mobiliser tous les engins de travaux publics qui sont là. C’est une urgence, on ne peut pas revenir chaque année dire que c’est ça. Il faut aussi tracer les rues. Trouver des routes principales pour que les citoyens puissent circuler. Ça c’est qu’il faut faire en urgence, et ça ne doit pas attendre. Maintenant à la longue, il faut parler d’un plan d’action. Il faut regarder le système de drainage des eaux de la ville de N’Djaména qui n’obéit à aucune règle. Il faut avoir des ouvrages qui puissent permettre de drainer les eaux en dehors de la ville. Aujourd’hui, les eaux sont stagnantes avec tous ses cortèges de maladies qui se suivent. Cela doit cesser. On ne doit pas tâtonner. Nous sommes dans une ville moderne. Il faut qu’on commence par assainir la ville. «Une ville sans assainissement, n’est pas une ville. C’est une bidon ville».


Aux sinistrés des inondations, le gouvernement a distribué des vivres, que pensez-vous de cette action humanitaire ?


Les choses ne se sont pas passées dans les règles de l’art. Une fois qu’on a identifie les victimes, c’est facile maintenant de partager. Les vivres ne sont pas partagés dans un mécanisme de contrôle, donc vous remarquez que le plus souvent c’est ceux qui viennent partager là qui se partagent d’abord avant de donner aux sinistrés et enfin de compte les vrais sinistrés n’ont pas toujours eu quelques choses. En réalité personne n’a eu quelques choses. C’est normal que les citoyens puissent attendre l’assistance de l’Etat. C’est leur droit, mais que cette assistance parvienne exactement aux bénéficiaires, mais cela ne puisse pas servir à ceux qui sont payés pour partager cette aide.


Quelles solutions proposeriez-vous face à tous ces manquements ?


La première de chose, il faut qu’on soit conséquent avec nous même. On ne doit pas gouverner un pays en faisant de la navigation à vue. Il faut toujours bâtir de stratégie solide afin de sortir le pays de cette situation. On est tout le temps en dernier déclassement selon l’indice humain de développement, mais que cela puisse nous interpeler. Il faut mettre en oeuvre la stratégie nationale de protection sociale. On a de pauvres, on est un pays très pauvre. La première de chose, il faut qu’on se dise comment on va sortir ces pauvres là de la pauvreté ? A commencer d’abord par cela. Maintenant, il y a deux choses. Y a ceux qu’on peut les sortir à travers une assistance et que cette assistance puisse les amener vers les emplois productifs. On ne peut pas continuer éternellement à assister les gens. On les assiste afin qu’ils sortent de la vulnérabilité et qu’ils puissent produire et eux aussi puissent aider les autres à sortir de vulnérabilité. Une fois qu’ils produisent donc on a rendu un grand service à la Nation. Et au fur et à mesure il faut récupérer faire sortir les gens de la pauvreté de cette façon. Y a une stratégie bien élaborée maintenant pour la mise en oeuvre, tout un problème parce qu’on n’a pas de volonté politique pour mettre en oeuvre la stratégie nationale de protection sociale. Et ce vraiment dommage qu’on puisse faire de la navigation à vue, donc la solidarité nationale en dépend de notre réaction, de notre promptitude à mettre en uvre cette stratégie.


La rentrée scolaire s’approche, mais la plupart des établissements de la ville de N’Djaména se trouvent encore dans l’eau. Comment faire pour que la rentrée scolaire soit effective?


Ça aussi c’est autre une paire de manche. Aujourd’hui, les établissements sont occupés par des sinistrés des inondations, s’ils ne sont pas eux-mêmes inondés. À cela, il faut ajouter les établissements dans nos villages qui sont pratiquement dans les structures qui ne sont pas du tout durable. S’il faut être dans une école en secco ce n’est pas en mois d’octobre que vous pouvez commencer les cours. Il fallait trouver de pailles pour couper afin de venir faire le secco. Or jusqu’à présent il continue à pleuvoir. Je pense qu’il fallait réviser le planning scolaire. Il faut qu’on se fasse violence. Cette année, on na pas fait une année normale, alors le programme il faut le doser. Même s’il faut faire de journées continues il faut le faire de telle sorte que le premier trimestre soit consacré à la révision de l’année écoulée et on entame les cours de trimestre suivant cela permet quand même de relever le niveau de nos progénitures.


Entretien réalisé par MSK. Lawandji

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.