Constat : Le système éducatif tchadien bat de l’aile

Depuis presque 5 ans, le système éducatif a du plomb dans l’ail à cause de sempiternelles grèves depuis que le pays fait face à ce qu’on appelle la crise pétrolière, autrement dit la chute du prix de baril de pétrole au niveau international.

Vu que l’économie du pays, en grande partie en dépend, cette chute du prix a astreint le gouvernement à prendre des mesures d’austérité afin de résorber la crise financière.


Au rang de ces mesures, on citera entre autre les 16 mesures caractérisées par la réduction des primes et indemnités octroyées aux fonctionnaires, la suppression des frais de transport, le gel des effets financiers des avancements et reclassements ainsi que l’abattement des salaires.

Aussitôt, une plateforme revendicative est créée et le SET, Syndicat des Enseignants du Tchad s’est joint aux autres syndicats dans la lutte pour amener le gouvernement à revenir sur ses décisions. Le pays est ainsi plongé dans un cercle infernal de crise sociale avec en toile de fond, des grèves à répétition des agents de l’État.
Si tous les secteurs sont touchés, celui de l’éducation a payé un lourd tribut : l’année scolaire ne dure plus 9 mois, les programmes scolaires ne sont plus respectés, les enseignants sont démotivés à cause de la non-application des protocoles daccord, certains élèves sadonnent à la facilité pour passer en classe supérieure.

Ce qui fait l’affaire de certains chefs d’établissements véreux. Eu égard à tous ces paramètres, un nouveau jargon «  sauver l’année » apparait. Les élèves des classes intermédiaires sont autorisés à passer systématiquement en classes supérieures. Les examens de fin d’année sorganisent au-delà de toute considération pédagogique. Car, ce qui importe, c’est sauver l’année scolaire au détriment du mérite, pourvu quil faut être au diapason des autres pays qui eux, terminent régulièrement l’année scolaire ou académique. Et ce, au grand dam des techniciens du système éducatif.


Tout cela a pour conséquence une baisse de niveau jamais égalée dans l’histoire de l’Education nationale au Tchad. Les échecs patents sont enregistrés aux examens et concours à cause de la non-maîtrise de la langue d’enseignement, le recrutement des enseignants au profil douteux, des étudiants tchadiens incapables de se rivaliser avec d’autres étudiants à l’étranger comme dantan.

Chose reconnue par les autorités en charge de l’éducation lors de l’évaluation des performances des élèves des établissements publics après les résultats du Baccalauréat de 2020.

Le comble, les parents ne voient plus l’importance de l’école tchadienne qui ne fait que former des diplômés sans emploi, au pire des cas des cadres peu compétitifs.
Si pendant le nouvel an, nous formulons nos voeux les meilleurs à nos proches, personne n’a songé à l’éducation qui agonise d’année en année. La preuve, le cercle vicieux de la grève aux issues incertaines reprend en cette année 2021. Alors, il est grand temps que l’école tchadienne soit repensée pour redorer son blason. Ce qui implique que le gouvernement, les partenaires du système éducatif et la plateforme syndicale doivent parler le même langage afin de nous sortir de ce gouffre. Sinon, l’école tchadienne continuera de sombrer et à qui la faute ?

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