Affaire Yaya Dillo : Amine Abba Sidick retrace les évènements du 28 février 2021

Le ministre des Affaires Estrangères, de l’Intégration Africaine et des Tchadiens de l’Étranger, M. Amine Abba Sidick a retracé les évènements qui s’est déroulée le 28 février dernier à N’Djaména dans la capitale Tchadienne lors d’une déclaration faite ce lundi 1er Mars 2021 à l’endroit des chefs de missions diplômatiques et représentants des organisations internationales.

D’après le chef de la diplomatie tchadienne, depuis quelques jours, les autorités judiciaires sont confrontées à une rébellion de M. Yaya Dillo, qui a refusé dit-il d’obéïr aux injonctions de la police venue lui présenter, le 27 février au matin, un mandat d’amener.

« Yaya Dillo a fait l’objet d’un mandat d’amener pour avoir refusé de répondre à une convocation de la police judiciaire suite à deux plaintes déposées contre lui refus de restituer trois véhicules de service après avoir quitté ses fonctions de représentant de la CEMAC, et diffamation et insulte à l’égard de l’épouse du Chef de l’Etat. Pour se soustraire à la justice, il s’est alors réfugié dans sa région natale à la frontière tchado-soudanaise, une zone instable et théâtre de nombreux trafics et de passages d’éléments rebelles difficilement contrôlables » a informé M. Amine Abba Sidick

Le ministre des Affaires Estrangères, de l’Intégration Africaine et des Tchadiens de l’Étranger a déclare que Yaya Dillo est revenu récemment et clandestinement à N’Djaména déposer sa candidature à l’élection présidentielle, pensant probablement ainsi obtenir une protection de fait lui permettant de se soustraire aux poursuites judiciaires dont il fait est l’objet.
« C’est ainsi que le 27 février au matin, un mandat d’amener lui a été présenté par la Police, qui a localisé son refuge. M. Yaya Dillo, entouré de cinq (05) hommes armés de fusils de guerre, s’est montré hostile et menaçant. Il a alors refusé de déposer les armes et de se laisser interpeler. Face à cette résistance, les officiers de la Police Judiciaire ont jugé utile d’interrompre leur mission et de quitter les lieux afin de rendre compte à leur hiérarchie », décrit, M. Amine Abba Sidick.


De poursuivre que le 28 février au matin, avec des moyens conséquents les forces de l’ordre se sont à nouveau présentées au lieu de résidence de M. Yaya Dillo afin de faire cesser cette rébellion armée et de le soumettre à la loi. Et, avait répandu sur les réseaux sociaux des appels au soulèvement, à la mutinerie au sein des armées pensant pouvoir provoquer un mouvement populaire en sa faveur, bénéficier du soutien de certains membres de sa famille, créer une situation insurrectionnelle et déstabiliser l’Etat.


Selon le ministre des Affaires Etrangère à l’arrivée des forces de l’ordre le 28 février Yaya Dillo a directement ouvert le feu, blessant trois agents des forces de l’ordre, tout en se protégeant derrière le rempart des membres civils de sa famille. « Un tir de l’intérieur visant les forces de l’ordre a mortellement atteint la mère de Yaya Dillo. Une enquête établira les faits », rapporte, Amine Abba Sidick.


Faisant cesser les tirs, les forces de l’ordre se sont retirées. Tous les blessés ont été évacués à l’hôpital. Afin de permettre une reddition sans violence, une médiation a été initiée pendant plusieurs heures avec M. Yaya Dillo qui a finalement refusé de se rendre.
Dans l’après-midi du 28 février, la médiation ayant échoué, les forces de l’ordre ont alors tenté de progresser derrière des blindés légers en usant de gaz lacrymogène. Un des blindés s’étant arrêté dans la cour de la maison, a été pris d’assaut et deux membres de son équipage ont été tués.

« Dans la confusion qui s’en est suivie, les policiers ont laissé partir plusieurs civils qui fuyaient afin de ne pas faire d’autres victimes collatérales. M. Yaya Dillo s’est alors probablement échappé profitant de se cacher parmi eux. A l’heure, actuelle il n’est plus localisé et a déclaré sur les réseaux sociaux qui s’est caché ailleurs », a souligné le ministre des Affaires étrangères
En réalité, dit, Amine Abba Sidick l’objectif de Yaya Dillo n’est pas de se présenter à l’élection présidentielle mais d’empêcher plutôt sa tenue.
« Dans une telle situation, le gouvernement tchadien ne peut évidemment pas laisser perdurer cette situation insurrectionnelle menée par un récidiviste qui refuse d’obéir aux lois en vigueur, défie les forces de l’ordre et cherche, vis-à-vis de la communauté et la presse nationale et internationale à légitimer sa situation en se présentant faussement comme une victime et à provoquer des troubles graves », a regretté, le patron de la diplomatie tchadienne.


Amine Abba Sidick tient à préciser que pour le gouvernement du Tchad cette affaire relève purement du cadre judiciaire. Par la même occasion, il déplore son instrumentalisation par certains acteurs politiques et ceux de la société civile.

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