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Un groupe de jeunes coupeurs d’ongles, ciseaux en main et casquette sur la tête pour se protéger de la chaleur, sillonne les différents quartiers de N’Djaména à la recherche de clients pour des soins esthétiques visant à embellir les mains et les ongles (manucure).

Ils proposent leurs services entre 50 et 100 francs CFA. Cette activité génératrice de revenus pour ces jeunes, dont la majorité vient des pays voisins, notamment du Niger et du Nigeria, soulève de sérieuses inquiétudes liées à l’hygiène.

Les mêmes ciseaux sont utilisés pour tous les clients, accompagnés d’eau mélangée à du savon en poudre, communément appelé « Omo ». Une partie des clients exige toutefois que les outils utilisés pour la coupe des ongles soient nettoyés à l’aide d’alcool afin d’éliminer les microbes.

Ces jeunes sont très sollicités par certaines personnes qui n’arrivent pas à se rendre dans un salon, souvent débordées par leurs occupations.
« Je n’ai pas le temps d’aller dans un salon, alors je profite quand ils passent pour soigner mes ongles », a déclaré Moustapha Garba, vendeur de chaussures, satisfait du service rapide et accessible.

Pour beaucoup de ces jeunes, le chiffre d’affaires journalier est estimé entre 2 000 et 3 000 francs CFA. « Nous vivons en famille et chacun contribue à la ration journalière. Nous mangeons ensemble le soir et j’arrive aussi à envoyer de l’argent à ma famille. Cela fait cinq ans que j’exerce ce métier », confie Hamadou, assis sous un arbre au quartier Klemat, dans la commune du 2ᵉ arrondissement de N’Djaména.

Cependant, derrière cette initiative saluée pour son aspect économique, des risques sanitaires préoccupants émergent. Les outils utilisés ne sont généralement pas désinfectés entre deux clients, exposant ces derniers à des infections ou à la transmission de maladies.

Un spécialiste de la santé alerte que « L’utilisation répétée d’un même coupe-ongles sans stérilisation peut favoriser la propagation de bactéries, de champignons, voire de maladies plus graves. Il est impératif de respecter les règles d’hygiène. »

Entre opportunité de survie pour ces jeunes et danger potentiel pour la santé publique, cette activité met en lumière la nécessité d’un encadrement sanitaire. « Une sensibilisation des acteurs du secteur pourrait permettre de concilier revenus dignes et protection des clients », propose Allamine Abakalé.

Sagnoudji Francine

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