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L’international tchadien Marius Mouandilmadji continue d’écrire son histoire en se hissant au sommet de la Coupe d’Europe avec son club, Samsunspor.

Il est actuellement le meilleur buteur de la compétition avec sept réalisations inscrites en quelques matchs disputés.

Pendant ce temps, au pays, le niveau du football tchadien ne cesse de régresser. Plusieurs clubs évoluent sans sponsors et survivent grâce au soutien de particuliers.

À cela s’ajoutent les règlements de comptes entre dirigeants de l’instance chargée de la gestion du football national, le népotisme, le favoritisme ainsi que le clanisme, autant de pratiques qui fragilisent davantage ce sport.

Le mal est profond. Certains joueurs ne perçoivent que 1 000 francs CFA comme prime d’entraînement et entre 5 000 et 10 000 francs CFA en cas de victoire en championnat.

D’autres évoluent sans contrat, provoquant chaque saison des départs vers d’autres clubs, parfois en échange d’une motocyclette neuve ou d’une somme avoisinant un million de francs CFA.

L’absence de centres de formation et d’écoles de football bien structurées constitue également un frein majeur au développement du football à la base.

Dans plusieurs communes dde la capitale, les aires de jeux sont attribuées à des individus ou à des institutions, limitant ainsi la découverte et l’encadrement des jeunes talents.


La situation des joueurs engagés dans le championnat national demeure particulièrement préoccupante. Ils parcourent de longues distances, souvent transportés à l’arrière de pick-up, pour disputer leurs matchs, une réalité qui éloigne toute perspective de professionnalisation.


À un mois du tour préliminaire de la CAN 2027 contre le Burundi, le sélectionneur des SAO et les 13 membres de son staff n’auraient toujours pas perçu de salaires depuis le mois d’août 2025.

Sans oublier, les retards de paiement, primes jugées faibles, difficultés logistiques et moyens limités constitueraient impactant la préparation des matchs.


Face à cette situation, les anciens acteurs du football restent silencieux, préoccupés avant tout par leurs conditions de vie quotidiennes, sans véritable réflexion sur l’avenir d’un football tchadien qui continue de s’enfoncer dans une crise profonde.


Si Marius Mouandilmadji poursuit sur cette lancée, il pourrait, à l’avenir, signer dans un grand club européen et franchir un nouveau cap dans sa carrière.

Toutefois, une qualification à une compétition africaine restera hypothétique, voire illusoire, tant que ces pratiques persistent et sans un véritable soutien et une implication réelle du gouvernement pour ce sport roi.


À ce rythme, les Tchadiens continueront encore de suivre à la télévision les autres nations disputer les matchs de la Coupe d’Afrique des Nations dans ses différentes catégories.


La Rédaction

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