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À Banda CST, une localité située à 25 kilomètres de Sarh, chef-lieu de la province du Moyen-Chari, le prix du sac d’arachides de 100 kilogrammes est en hausse suite à la faible pluviométrie observée dans la zone.
Actuellement, il se procure à 6 000 francs CFA, tandis que celui de maïs de 100 kilogrammes coûte entre 7 000 et 8 000 francs CFA. À la même période l’année dernière, le sac d’arachides fraîches coûtait 4 000 francs CFA et celui de maïs s’échangeait à 5 000 francs CFA.
Dans les champs, les récoltes se poursuivent au rythme de la maturité des différents produits agricoles. Ainsi, depuis quelques jours, les marchés locaux abondent en produits frais. Ce mercredi 9 septembre 2026, au marché de Banda-CST, des sacs d’arachides sont entassés et des épis de maïs frais sont exposés dans tous les coins par les cultivateurs.
Mais derrière les étals bien garnis, les producteurs ne cachent pas leur déception causée par le manque de pluie. Dans plusieurs champs, la récolte est jugée insuffisante par rapport aux efforts fournis. Les cultivateurs affirment avoir consacré plusieurs mois à préparer les terres, semer, entretenir et protéger leurs cultures, pour finalement obtenir une production qu’ils estiment maigre.
« Nous avons beaucoup travaillé dans nos champs, mais la récolte ne correspond pas à nos attentes. Nous pensions avoir plus d’arachides. Mais cette année, nous constatons que les gousses sont peu nombreuses et certaines ne contiennent que très peu de graines en bon état », témoigne M. Klamadji Allarangué, habitant de Banda CST.
Pour plusieurs agriculteurs, le problème a commencé dès le début de la saison. L’absence d’accès à des semences de qualité, performantes pour le maïs et l’arachide, a constitué un véritable obstacle à l’amélioration des rendements. Certains producteurs expliquent avoir dû utiliser des semences locales, avec des résultats décevants.
« Nous manquons de bonnes graines pour semer. Quand les semences ne sont pas de bonne qualité, cela se ressent forcément au moment de la récolte. Nous avons besoin d’un accompagnement pour obtenir de meilleures semences avant la prochaine campagne », confie un cultivateur, M. Tentangué Clovis.
Cette situation réduit directement la quantité destinée à la consommation, à la vente, mais aussi à la conservation pour les prochains semis. « Une gousse d’arachide peut sembler normale extérieurement, mais lorsqu’on l’ouvre, on trouve parfois des graines mal formées ou gâtées. Cela nous décourage beaucoup, parce que l’arachide représente une source importante de revenus pour nos familles », explique un producteur local.
Le maïs n’échappe pas à la règle. Les cultivateurs évoquent également une production inférieure à leurs prévisions. Certains épis sont peu remplis, avec des grains insuffisamment développés. Pour les producteurs, cette faiblesse du rendement est d’autant plus préoccupante que le maïs constitue à la fois la base de l’alimentation des ménages et une source de revenus.
« Nous récoltons du maïs, mais les épis ne sont pas comme ceux des bonnes années. Si cette situation persiste, nous aurons des difficultés à garder suffisamment de maïs pour notre propre consommation et pour subvenir aux autres besoins de la famille », témoigne un cultivateur.
Face à cette situation, les agriculteurs de Banda CST réclament un appui accru dans le secteur, notamment à travers l’accès aux semences améliorées, l’encadrement technique et un meilleur accompagnement global.
De Sarh, Sangnoudji Francine

