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Le retard des pluies mettent à rude épreuve les cultivateurs du canton de Banda CST, une localité située à 25 kilomètres de Sarh, chef-lieu de la province du Moyen-Chari. Dans plusieurs champs de riz et de sorgho, les cultures changent progressivement de couleur, passant du vert au jaune : un véritable synonyme de détresse pour les agriculteurs.
Ce mercredi 9 septembre 2026, un tour dans les différentes exploitations a permis de constater de visu l’évolution de la situation. Sous un soleil de plomb, les parcelles agricoles offrent un spectacle préoccupant. Les plants de riz, mis en terre avec l’espoir d’une récolte abondante, peinent à résister au stress hydrique. Faute d’eau, les herbes sauvages prennent rapidement le dessus, étouffant les jeunes pousses qui attendent désespérément l’humidité du sol.
Après avoir investi du temps, de l’énergie et leurs maigres ressources financières, de nombreux producteurs n’ont plus la force ni les moyens de poursuivre l’entretien. Dans ces champs, le sarclage a tout simplement été abandonné, laissant la végétation sauvage concurrencer directement les cultures pour le peu d’éléments nutritifs restants.
Pour les paysans, l’incertitude est devenue le principal fardeau. Faut-il continuer à investir à perte dans un champ dont l’avenir dépend d’un ciel capricieux, ou abandonner dès maintenant pour limiter les frais ? Pour beaucoup, le choix est déjà fait.
« Nous avons travaillé nos champs avec beaucoup d’espoir. Mais sans pluie, rien ne pousse. À quoi sert de continuer à dépenser de l’argent pour le sarclage si l’eau ne vient pas ? », se désole un cultivateur résigné du canton.
« Nous avons semé en ligne, conformément aux prévisions. Aujourd’hui, la situation est critique. Certains ont déjà tout lâché. Le découragement nous gagne aussi, mais nous observons encore ce que le ciel va décider », précise un autre producteur.
Malgré cette crise pluviométrique, certains cultivateurs n’ont pas baissé les bras. Dans les parcelles voisines, des producteurs continuent de sarcler et de surveiller méticuleusement leurs plants. Leur pari est simple : si la pluie finit par tomber, les champs propres seront prêts à verdir de plus belle.
Courbés vers le sol, outils à la main, ils arrachent les mauvaises herbes pour préserver ce qui peut encore l’être. « Nous continuons à entretenir nos terres parce que nous gardons espoir. Si la pluie arrive dans les prochains jours, notre labeur d’aujourd’hui portera ses fruits », confie un agriculteur optimiste. Cette dualité résume la réalité actuelle des villages de Banda CST : le désespoir des uns côtoie la patience des autres.
La situation à Banda CST n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans le cadre d’une campagne agricole 2026-2027 particulièrement rude pour l’ensemble de la province du Moyen-Chari, caractérisée par une pluviométrie déficitaire. Le calendrier agricole global s’en trouve profondément perturbé. Dans ce contexte d’urgence, les cultivateurs n’ont plus qu’un seul réflexe : scruter le ciel avec insistance, là où chaque nuage passe désormais pour une promesse de survie.
De Sarh, Sangnoudji Francine

