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En visite au Tchad du 13 au 16 janvier dernier, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Barham Salih, a appelé à un renforcement urgent et durable du soutien international au Tchad, alors que le pays continue d’accueillir à grande échelle des réfugiés fuyant la guerre au Soudan.

Le Haut-Commissaire a salué le leadership des autorités tchadiennes et la solidarité des populations face à une crise d’une ampleur exceptionnelle.

A l’Est, le Haut-Commissaire, la Ministre de l’Action Sociale, de la Solidarité et des Affaires Humanitaires, la Ministre Déléguée Ministre déléguée auprès du Ministre des Finances, chargée de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale et le Coordonnateur Résident/Coordonnateur Humanitaire des Nations Unies ont rencontré des familles réfugiées soudanaises récemment arrivées, qui ont fui des violences extrêmes et des violations graves des droits humains, et ont été exposées à des déplacements répétés

À Adré, Farchana, Iriba et Abéché, il a échangé avec des réfugiés et des communautés hôtes et pris la mesure des programmes d’urgence et de solutions en cours. « Le Tchad fait preuve d’une solidarité remarquable en maintenant ses frontières ouvertes et en offrant protection et asile à des centaines de milliers de personnes en quête de sécurité », a déclaré Barham Salih. « Cette générosité sauve des vies, mais elle exerce une pression considérable sur des capacités déjà limitées du pays et doit être soutenue par un engagement international fort et prévisible. »

Depuis avril 2023, plus de 900 000 réfugiés soudanais ont trouvé refuge au Tchad, principalement dans les provinces du Wadi Fira et du Ouaddaï, qui ont accueilli la grande majorité des arrivées.

Le Haut-Commissaire a rencontré les Délégués Généraux du Gouvernement auprès de ces deux provinces et salué le rôle déterminant des autorités locales et des communautés hôtes, malgré d’importants défis socio-économiques, environnementaux et sécuritaires. Dans ces zones d’accueil, les besoins restent considérables. Le manque de financements affecte l’accès à l’eau, aux abris, à l’assainissement, aux soins de santé, au soutien psychosocial et à l’éducation, tant pour les réfugiés que pour les communautés hôtes.

Dans l’est du Tchad, où une personne sur trois est aujourd’hui réfugiée, la pression exercée par l’afflux massif de populations déplacées met à rude épreuve des services déjà fragiles. Dans le même temps, des initiatives concrètes montrent comment des réponses inclusives peuvent renforcer la résilience collective. Les centres d’apprentissage connectés, les programmes de formation et l’intégration de réfugiés professionnels – enseignants, médecins ou avocats – au sein des services nationaux contribuent à améliorer l’accès aux services et à soutenir la cohésion sociale dans les zones d’accueil.

Le Haut-Commissaire a rendu hommage au Gouvernement du Tchad et aux communautés hôtes pour leur solidarité, exercée malgré des pressions socioéconomiques, environnementales et climatiques croissantes. En accueillant aujourd’hui plus de 1,5 million de réfugiés et demandeurs d’asile sur son sol, dont une large majorité de réfugiés soudanais, le Tchad assume l’une des plus lourdes responsabilités d’asile sur le continent.

Il a souligné que cette générosité durable ne peut être maintenue sans un soutien international plus fort, plus prévisible et plus constant. « Le Tchad montre qu’il est possible de passer de la gestion de l’urgence à des solutions, grâce à des politiques inclusives. Mais aucun pays ne peut assumer seul une telle responsabilité. La solidarité du Tchad doit aujourd’hui être accompagnée d’actions concrètes », a conclu Barham Salih

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