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Le Collectif des Organisations des Jeunes du Chari-Baguirmi (COJCB), a tenu ce mardi 1er septembre 2026 à N’Djaména, un point de presse à la radio Fm Liberté dressant un bilan sombre et dénonçant de graves dérives financières, administratives et institutionnelles du Conseil provincial du Chari-Baguirmi après deux ans de fonction.
Pour le secrétaire général du collectif, M. Adoum Lawane, le Conseil provincial, au lieu d’être le moteur tant attendu de l’émancipation économique et sociale, offre désormais l’image d’une entité engluée dans d’importantes difficultés de gouvernance. Il déplore notamment un manque flagrant de transparence, des irrégularités dans la gestion financière ainsi qu’une utilisation préoccupante des deniers publics.
M. Adoum Lawane indique que le Conseil provincial a soumis des projets de budget réduits à une simple juxtaposition de chiffres, sans présentations suffisamment détaillées, sans rapports d’activités ni rapports financiers complets pour l’exercice 2025. De plus, la disparition ou l’absence de certains procès-verbaux de session constitue un sujet de préoccupation majeure à clarifier.
En épluchant les budgets, le Secrétaire général adjoint du COJCB, Adoum Lawane a dénoncé la reconduction en 2026 d’une ligne de 20 millions de FCFA déjà inscrite en 2025 et destinée aux frais d’installation des conseillers, ainsi que l’apparition simultanée de nouvelles dépenses d’installation pour l’exécutif et le receveur, estimées respectivement à 16 millions et 2 millions de FCFA.
De même, une dotation de 7 350 000 FCFA allouée au carburant de l’exécutif pose problème, alors qu’une autre ligne de 26 millions de FCFA couvre déjà les frais de mission sur le terrain, lesquels intègrent normalement les dépenses en carburant.
Selon M. Adoum Lawane, le COJCB réclame avant tout l’arrêt immédiat de toute ingérence des anciens responsables du Comité de gestion des 5 % des revenus pétroliers dans les affaires de la province. Il exige également une justification documentée et rigoureuse de chaque dépense contestée dans les budgets 2025 et 2026, assortie de la réalisation d’un audit indépendant pour établir l’utilisation réelle des fonds publics.
Sur le plan juridique et administratif, il a demandé la vérification de la conformité de la nomination du Secrétaire général au regard de la Loi N°014/CNT/2024, notamment son article 25, exigeant l’annulation ou le retrait de l’arrêté N°003/PCB/CP-CB/PC/2026 si les conditions légales ne sont pas réunies.
Concernant la redevabilité, le collectif exige le respect strict des textes régissant les collectivités autonomes ainsi que la restitution de toute somme dont le détournement ou l’utilisation irrégulière serait établi.
M. Adoum Lawane a formulé une mise au point ferme concernant des rumeurs d’opacité financière. Il exige toute la lumière sur la disparition ou la mauvaise utilisation supposée d’une somme de plusieurs dizaines, voire une centaine de millions de FCFA, qui aurait été prélevée au détriment des intérêts de la province. Il demande une vérification urgente et le remboursement des fonds indûment dépensés.
M. Adoum Lawane a lancé un appel à la responsabilité des conseillers provinciaux, les exhortant à défendre les intérêts des populations qui les ont élus et à ne pas se rendre complices, par leur silence ou leur passivité, de pratiques contraires à l’intérêt général. Il a précisé que le Collectif des Organisations des Jeunes du Chari-Baguirmi ne mène aucun combat pour des intérêts personnels ou politiques, mais s’exprime au nom d’une jeunesse qui refuse catégoriquement de voir l’avenir de sa province hypothéqué.

