⏱ Temps de lecture : 3 min

Dans plusieurs hôpitaux publics de N’Djaména, des lits ayant accueilli des patients décédés sont réutilisés sans être correctement désinfectés, exposant ainsi les malades à de graves risques sanitaires.

Faute de places pour accueillir de nouveaux patients, ces lits sont occupés à la hâte par les proches, souvent sans aucune précaution préalable.

Dans la plupart des établissements, les matelas sont en très mauvais état, en raison d’un manque d’entretien.

Pourtant, le protocole hospitalier prévoit un nettoyage et une désinfection rigoureux du matériel, à l’aide de produits détergents-désinfectants, suivis d’un bio-nettoyage des surfaces.

Entre peur, colère et résignation, des garde-malades témoignent ce jeudi 9 avril 2026.

« L’odeur de la personne décédée est encore là », confie une femme assise au chevet de son frère malade, visiblement très inquiète.

Dans une salle d’hospitalisation surchargée d’un hôpital de la capitale, une famille, encore sous le choc du décès d’un proche, plie ses affaires sur le lit, le regard vide, en attendant le retrait du corps.

Quelques minutes plus tard, un autre patient est installé sur le même lit, sans nettoyage en profondeur, seulement essuyé à la hâte avec un torchon humide et du savon.

« On n’a même pas eu le temps de réaliser qu’une personne venait de mourir sur ce lit que mon grand-frère y a été installé », raconte dame Anne-Marie, garde-malade.

Elle poursuit que « On nous a demandé d’installer mon frère sur ce lit juste après le retrait du corps. Nous étions venus uniquement pour une consultation, sans drap. J’ai eu très peur. »

La scène se répète, presque banale, dans plusieurs hôpitaux de N’Djaména. Moussa, assis au chevet de son frère, témoigne : « J’ai moi-même nettoyé le lit avec mes propres moyens. Sinon, mon frère aurait été couché là, sans aucune précaution. »

Dans ces conditions, le danger est invisible mais bien réel. Les infections nosocomiales contractées à l’hôpital, notamment via des surfaces mal désinfectées fragilisent davantage des patients déjà vulnérables, explique un médecin sous couvert d’anonymat.

« On a peur, mais on n’a pas le choix », lâche une femme, serrant son foulard pour se protéger dans une salle où sont hospitalisés des patients souffrant de problèmes pulmonaires.

Manque de produits, insuffisance de personnel et déficit de rigueur : les causes de cette situation sont multiples.

« Pourtant, un geste simple, comme désinfecter correctement un lit, peut sauver une vie. Nous demandons juste le minimum : nettoyer avant d’installer un autre patient », insiste un autre professionnel de santé, ayant requis l’anonymat.

Dans ces hôpitaux où la vie et la mort se côtoient chaque jour, une chose est certaine : l’hygiène ne doit plus être négligée. Car sur ces lits, tout peut recommencer… ou s’aggraver.

Partager.
Laisser un commentaire