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​Les rideaux du Festival international des arts et de la culture Massa, le Tokna Massana, se sont définitivement refermés ce 11 avril à Bongor, chef-lieu de la province du Mayo-Kebbi Est. Placée sous le thème : « Protéger et promouvoir le patrimoine Massa : un défi culturel et économique », cette 10e édition s’est distinguée par la richesse de sa programmation.

​Le public a eu droit aux prestations traditionnelles telles que, les courses de pirogues, les danses Guruna, et l’élection de la reine Guruna. Au-delà du folklore, l’événement a mis l’accent sur l’avenir avec la formation des jeunes à l’entrepreneuriat (Tokna Business Challenge), des conférences-débats, la dédicace d’un ouvrage sur la culture Massa, ainsi qu’une immersion sur un site Guruna dans le canton de Télémé.

​Durant plusieurs jours, les délégations venues du Cameroun et du Tchad ont fait battre le cœur de Bongor à la danse « Guruna », désormais inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, confirmant ainsi le statut de cette tradition comme une culture vivante et universelle.

​À l’issue des États généraux du Tokna Massana, les participants ont formulé plusieurs recommandations essentielles, notamment l’affermissement et la vulgarisation du code de conduite Massa pour renforcer la cohésion sociale et la sagesse communautaire.

​En éducation, ils recommandent la sensibilisation à la scolarisation de tous les enfants, avec un accent particulier sur l’éducation des jeunes filles, et rendre obligatoire l’usage de la langue Massa au sein des foyers et des écoles.

​En économie, ils souhaitent l’identification et l’exploitation des éléments du patrimoine susceptibles de générer des revenus (artisanat, labellisation de marques « Massa », etc.).

En numériques, les participants exigent l’utilisation des plateformes digitales pour vulgariser la culture et la sagesse Massa.

Ces derniers recommandent également l’institution ​des prix d’excellence pour récompenser annuellement les meilleurs agriculteurs, éleveurs, pêcheurs et chasseurs.

​En clôturant les activités, le ministre du Développement touristique, de la Culture et de l’Artisanat, Abakar Rozzi Teguil, a salué une culture qui s’exprime comme une force vivante, créatrice et rassembleuse.

​Pour le ministre, cette 10e édition marque le passage à la maturité et à la reconnaissance internationale. « Elle aura démontré, une fois de plus, que le peuple Massa constitue un pont vivant entre le Tchad et le Cameroun, un modèle de fraternité transfrontalière », a-t-il déclaré.

M. Abakar Rozzi Teguil a conclu en rappelant que cette clôture n’est pas une fin, mais un engagement renouvelé pour l’histoire culturelle des deux nations.

La cérémonie a pris fin par le passage symbolique du bâton et du flambeau par le président de supervision générale du Tokna Massana à son homologue camerounais qui devrait prendre le relais pour la 11e édition.

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