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À l’Université de N’Djaména, les résultats des sessions et du contrôle continu ne seront plus affichés comme dans les années précédentes. Désormais, à compter de l’année académique 2025-2026, chaque étudiant devra consulter ses résultats via son adresse électronique.

Ce jeudi 26 février 2026, aux environs de 10 heures, la cour du rectorat de l’Université de N’Djaména a été prise d’assaut par des étudiants alignés en file indienne pour accéder au service chargé de la création des comptes électroniques.

Téléphones Android en main, les étudiants passent par groupes de cinq dans la salle dédiée. Une fois le compte créé, ils reçoivent automatiquement leurs codes d’accès leur permettant de consulter leurs résultats.

Par cette réforme, les responsables de l’Université de N’Djaména franchissent un pas vers la modernisation numérique. Toutefois, sa mise en œuvre suscite confusion, frustrations et inquiétudes, notamment chez les étudiants vulnérables ne disposant pas de téléphone intelligent.

« C’est une bonne initiative pour moderniser l’université et suivre l’évolution technologique », reconnaît Mahamat Ali A., étudiant en deuxième année de droit. « Mais son utilisation pose problème, surtout à cause de la connexion internet qui n’est pas disponible à l’université ».

Devant le rectorat, la scène illustre les difficultés rencontrées, une foule compacte, de longues heures d’attente sous le soleil, une lenteur administrative et de fréquentes perturbations du réseau internet.

« Nous faisons la queue depuis 7 heures du matin. Il est déjà midi et certains n’ont toujours pas été servis », témoigne Nekigam Prudence, étudiante en première année de sciences de l’éducation.
« Je n’ai pas de téléphone Android. J’ai dû emprunter celui d’un voisin pour venir créer mon compte », confie Saleh Alhadj, étudiant en sociologie. « Même après la création, je ne sais pas comment me connecter seul », ajoute-t-il.

Certains peinent à mémoriser leurs mots de passe, tandis que d’autres ne maîtrisent pas encore l’utilisation des messageries électroniques.
« C’est ma première fois d’utiliser un e-mail. J’ai peur de perdre mon code ou de ne plus retrouver mes résultats », explique Klaranouba Florent, étudiante en licence.

Cette transition numérique, bien que porteuse d’espoir, met en lumière les profondes inégalités sociales et technologiques auxquelles font face les étudiants tchadiens.

« L’initiative du rectorat s’inscrit dans une volonté de moderniser l’enseignement supérieur au Tchad et de sécuriser la diffusion des résultats », indique un agent du service de la scolarité.


Sangnoudji Francine

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