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Les autorités tchadiennes ont annoncé la création prochaine d’un mécanisme conjoint avec la Libye visant à renforcer la surveillance et la gestion de leur frontière commune, dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires persistants.

Le Tchad a officialisé la mise en place imminente d’une unité conjointe de surveillance et de consultation avec la Libye, chargée de superviser la frontière commune entre les deux pays. L’annonce a été faite à l’issue d’une rencontre à N’Djaména entre le ministre tchadien de la Sécurité publique et de l’Immigration, le lieutenant-général Ali Ahmad Aghabash, et l’ambassadeur de Libye au Tchad, Othman Fadel, selon une communication des autorités tchadiennes. La réunion s’est tenue en présence du chef d’état-major par intérim de l’armée tchadienne.

Les discussions ont porté sur l’évaluation de la situation sécuritaire le long de cette frontière saharienne stratégique, considérée comme l’une des plus sensibles de la région. Les deux parties ont reconnu, selon la même source, la nécessité de dépasser le stade des intentions politiques pour instaurer un cadre opérationnel concret, permettant une coopération renforcée entre les services compétents des deux pays.

Le ministre Aghabash a souligné que la frontière tchado-libyenne constitue un espace d’interactions économiques et sociales vitales pour les communautés locales, tout en étant exposée à des menaces croissantes. Criminalité transfrontalière, trafics illicites et immigration clandestine figurent parmi les principaux risques identifiés par N’Djaména.

La future unité conjointe devrait ainsi permettre une meilleure coordination des dispositifs de surveillance, une circulation transfrontalière plus encadrée et une réponse plus rapide aux incidents sécuritaires.

Du côté tchadien, cette initiative est présentée comme le fruit d’un partenariat jugé constructif avec Tripoli. Le ministre a salué l’approche proactive des autorités libyennes et exprimé la reconnaissance du gouvernement tchadien pour une convergence de vues en faveur de la stabilité régionale, dans une zone marquée par la porosité des frontières et la circulation de groupes armés.

L’ambassadeur libyen a, pour sa part, réaffirmé l’engagement de la Libye à renforcer les relations bilatérales avec le Tchad, estimant que la sécurité constitue un préalable essentiel au développement durable des échanges économiques, humains et culturels entre les deux pays. Il a insisté sur l’importance d’une coopération continue face aux défis communs.

Cette rencontre intervient quelques semaines après une crise diplomatique liée à des arrestations croisées de ressortissants tchadiens et libyens. Début janvier, les autorités des deux pays avaient coopéré pour mettre fin à cet épisode, qualifié d’« incident regrettable » par le chef de la diplomatie tchadienne.

La création annoncée de cette unité conjointe apparaît ainsi comme une tentative de tirer les leçons de cet épisode et de prévenir de nouvelles tensions le long de la frontière.

APA

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